Accueil / Culture / Les banques ”underground” en Thaïlande.
Les-banque-de-thailande

Les banques ”underground” en Thaïlande.

L’usure ne sert que si on ne s’en sert pas.

Les banques officielles sont florissantes en Thaïlande. Il n’est qu’à voir la majesté de leur succursale dans les villes de province.

Mais il existe dans toute la Thaïlande, spécialement à Bangkok, une quantité impressionnante d’officines d’usuriers plutôt discrètes.

Imaginez, vous êtes dans un marché, en train de boire un café buran (traditionnel, à la chaussette) lorsque un passant pénètre dans la boutique et remet à la tenancière un petit paquet qui semble être une liasse de billets pliés en quatre.

Il ne s’attarde pas, ne boit rien.

En effet, ce client le qui passe rapidement dans la boutique, vient de rembourser à la boutiquière une dette pour un prêt contracté récemment.

Il avait emprunté 1000 bahts, et au bout d’un mois, il rembourse 1200 bahts.

Ce taux de 20 % par mois, oui, je dis bien par mois, ferait pleurer n’importe quels banquiers français.

En effet, chez nous le taux maximal de l’usure est de 15,19 % par an !

Ici, il pourrait parfois atteindre 60 % par mois.

Il semblerait que l’endettement des ménages serait de 31 % du PIB et que 32 % des Thaïs aient recours à des usuriers.

L’usure est un phénomène très rependu.

Dans le seul quartier de Chinatown, il y aurait plus de 150 usuriers.

1 million de Thaïlandais seraient endettés auprès des usuriers locaux.

Mais pourquoi emprunter à des usuriers ?

C’est vrai qu’en Thaïlande, il y a une kyrielle de banques et elles ne passent pas pour être très sévères lorsqu’elles doivent délivrer un crédit.

Cependant, de nombreux emprunteurs s’adressent à ces ”officines”, souvent de simples boutiques ou étals de marchés, parce qu’ils n’ont pas accès aux banques.

Selon le quotidien ”The Nation”, sur 38 millions de personnes âgées de 20 à 59 ans, 18 millions sont incapables d’obtenir un prêt en s’adressant à des prêteurs reconnus :

– Soit elles n’ont pas un emploi salarié régulier.

– Soit elles sont trop âgées.

– Soit elles n’ont même pas d’identité officielle. Par le passé – et espérons que cette période soit révolue – de nombreuses femmes venant d’accoucher, trop pauvres pour payer les frais d’hospitalisation, quittaient les maternités ”à la cloche de bois” avant d’effectuer les formalités et de ce fait, leurs enfants ne sont pas reconnus officiellement.

– Soit elles désirent emprunter pour apurer des dettes de jeu.

– Soit elles n’ont pas de domicile fixe.

– Soit ces emprunteurs sont des villageois à faibles revenus ou des vendeurs qui ne peuvent satisfaire aux conditions pour contracter un prêt dans les établissements de crédit officiels.

– Soit se sont des commerçants des marché qui veulent acheter de la marchandise revendue rapidement.

– Soit, et c’est de plus en plus courant, ce sont des salariés qui, coût de la vie en hausse, pensent ainsi augmenter leurs revenus pour subvenir aux besoins de leur famille.

Tous ces emprunteurs n’ont aucune connaissance juridiques et n’ont aucun pouvoir de négociation.

La plupart des boutiquiers pratiquant l’usure ne se considèrent même pas comme hors la loi mais pensent rendre simplement service, comme ça se fait traditionnellement depuis des lustres.

Ils ont souvent une bonne protection, ne serait-c que pour gérer les mauvais payeurs.

Ce peut être un caïd du quartier.

Mais comme m’a dit un chauffeur de taxi de Bangkok : « En Thaïlande, on n’a pas besoin de la mafia, on a déjà la police. »

Dominique est un voyageur passionné par les voyages et plus particulièrement les voyages en Thaïlande et en Asie, où il vit depuis plusieurs années.Il vous fait voyager sur ce blog et est aussi le directeur marketing du site Internet www.monimmobilierthailande.com/

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*